Crise des laits infantiles contaminés : un rapport parlementaire pointe les manquements de l’industriel et des services de l’État
4 Juin, 2026

Lors de la crise des laits infantiles contaminés qui a débuté en décembre 2025, les agents des services de sécurité sanitaire des aliments du ministère de l’agriculture ont une nouvelle fois démontré leur engagement et leur professionnalisme. Pourtant, derrière la communication officielle, cette affaire met surtout en lumière les limites d’un système de contrôle affaibli depuis des années par les suppressions d’effectifs et la délégation croissante des contrôles au privé.

Le rapport parlementaire dévoilé le 19 mai est sans ambiguïté : il déplore les « moyens limités des autorités de contrôle » qui conduisent « à se reposer, de manière croissante, sur les auto-contrôles mis en place par les industriels ». Cette analyse rejoint exactement ce que le SNUITAM-FSU dénonce depuis des années : la sécurité sanitaire alimentaire ne peut pas dépendre des seuls autocontrôles des entreprises.

Le rapport souligne également les interrogations sur « la réalité des contrôles mis en place » par le fournisseur et pointe des délais inacceptables dans la gestion de crise, notamment les « six jours pris par Nestlé pour informer l’État de la contamination ». Plus grave encore, il relève qu’il s’est écoulé « plus d’un mois » entre le début de l’alerte alimentaire et le déclenchement de l’alerte sanitaire.

Pendant ce temps, les services de l’État ont été mobilisés dans l’urgence. Les agents des DDPP ont été sollicités massivement, y compris sur des contrôles pourtant délégués au privé. Cette situation illustre l’absurdité d’un système où l’on réduit les effectifs publics tout en comptant sur eux dès qu’une crise éclate.

Pour les agent-es cette situation renforce le sentiment de n’être qu’une «  roue de secours » pour la communication de la DGAL (direction du ministère chargée de la sécrutiré sanitaire des aliments)  ce qu’a dénoncé le snuitam-FSU en instance de dialogue social (CSA alimentation).

Plusieurs recommandations parlementaires sur les 14 rejoignent nos revendications. Le SNUITAM-FSU soutient pleinement :

  • la recommandation n°4 visant à « renforcer les effectifs dédiés au contrôle sanitaire de l’alimentation » dans les DDPP ;
  • la recommandation n°5 demandant de « renforcer les contrôles indépendants » tout au long de la chaîne de fabrication ;
  • ainsi que la recommandation n°10 visant à durcir les obligations et sanctions envers les industriels en cas de défaut d’alerte.

Pour le SNUITAM-FSU, cette crise démontre une évidence : la sécurité sanitaire alimentaire nécessite davantage de contrôles publics, réalisés par des fonctionnaires formés, indépendants et présents sur le terrain. La protection des consommateurs, et plus encore celle des nourrissons, ne peut être abandonnée à des logiques d’autocontrôle ou de rentabilité industrielle.

Voici le rapport dans son intégralité : CLIQUEZ ICI

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